vendredi 27 juin 2014

Texte de Léo -Paul Lauzon

Les deux commissions libérales ou l’art de rire du monde

- 26 juin 2014 
 
Fiscalité et programmes sociaux: Des commissions paquetées dont on connaît déjà les résultats
Vous  le savez bien, mes amis, que les deux récentes commissions (révision des programmes sociaux et fiscalité) misent en place par le libéral Philippe Couillard relèvent de la frime grotesque et font preuve de mépris envers la population. Voyons donc, prétendre que ces deux commissions vont tout mettre sur la table de façon objective et impartiale tout en ayant des commissaires provenant du milieu des affaires ou inféodés du club patronal, c’est penser qu’on a une poignée dans le dos. C’est faire insulte à l’intelligence.
En fait, ces deux commissions vont simplement servir au gouvernement libéral de caution afin de faire entériner ses politiques, téléguidées par le patronat, en simulant des recommandations rendues par des «experts» (toujours les mêmes) indépendants. Indépendants mon œil!
Ce que le patronat veut, Couillard le veut.
Vous croyez que j’exagère? Eh ben, lisez attentivement le titre de ces récents articles et vous verrez que c’est exactement ce que les libéraux vont faire afin de répondre à la commande patronale. Premièrement, il y a cet article du 17 février 2014 : « Des programmes sociaux trop généreux, selon le patronat». Pas de problème, Couillard va couper plus de 3 milliards$ dans nos programmes sociaux déjà grandement délabrés en feignant consulter et dialoguer. Réponse du PLQ aux ordres d’en haut : « Lucienne Robillard (ex-ministre libérale de Jean Charest et présidente de la Commission de révision permanente des programmes) en quête de 3,2G$». (Le Devoir, 12 juin 2014). La population n’aura son mot à  dire que sur le choix de ses «préférences» pour savoir où couper. Rien de plus. Allô consultation.
Puis, le patronat l’a maintes fois répété : « Le CPQ préfère une taxe à la consommation à l’impôt sur le revenu». (Le Devoir, 6 juillet 1994). Et aussi : « Les patrons accepteraient une hausse de la taxe de vent (TVQ) contre une baisse de leurs taxes sur la masse salariale«. (Les Affaires, 1997). Sachant que les entreprises ne paient pas de TVQ, facile à dire qu’elles sont favorables aux taxes à la consommation. Mes amis, quiconque a minimum d’honnêteté intellectuelle admettra d’emblée ce fait de gros bon sens à l’effet que les taxes à la consommation sont des taxes très régressives qui pénalisent la classe moyenne et que les impôts sur le revenu représentent des outils très progressifs, surtout en présence de plusieurs paliers d’imposition, que les nantis et les compagnies n’aiment toutefois pas du tout pour les raisons que vous connaissez. Faut pas être lucide pour constater que les baisses d’impôt sur le revenu profitent aux riches. Et moins de recettes fiscales pour l’État, rime avec moins de services publics pour la population que s’en trouve pénalisée.
Couillard et Leitao aiment les taxes à la consommation
Comme le patronat, oh, surprise, le premier ministre libéral Philippe Couillard a enchaîné en bon perroquet serviable et docile qu’il est en clamant:« Plus de taxes, moins d’impôt, dit Couillard». (La Presse, 26 août 2013). Aucune importance le fait que ce n’est pas du tout ce que la population souhaite. Et attachez votre capine c’est ce que veut aussi le ministre libéral des finances et ex-banquier, Carlos Leitao qui a dit:« Privilégier le scénario d’une baisse de l’impôt sur le revenu assortie d’une hausse de taxes à la consommation». (Le Devoir, 13 juin 2014). Exactement tout le contraire des récentes politiques fiscales appliquées en Europe, aux États-Unis et en Ontario avec la réélection de la libérale Kathleen Wynne. Le Québec est le seul à avoir le pas et les autres pays occidentaux errent.
Composition de la Commission d’examen sur la fiscalité
Vraiment une farce inqualifiable de constater la présence de deux banquiers et de deux représentants de gros bureau de comptables à la dire commission. Des banques et des comptables qui font la grosse piastre avec les abris et les paradis fiscaux vont, par abnégation et par altruisme, remettre en question l’abolition ou la réduction du déluge d’abris fiscaux consentis aux riches et aux compagnies comme les REER à 23 500$ l’an, les CELI à 5 500$, le gain de capitaux non imposable grâce à l’achat d’instruments dérivés, le fractionnement du revenu, l’incorporation, les fiducies familiales, les options d’achat d’actions, les accréditives, les sociétés en commandite, l’évasion fiscales dans les paradis fiscaux, etc. Seuls des fous braques vont croire à leur désintéressement le plus total et faire abstraction des vœux exprimés par leurs importants et riches clients. Ben oui, ils vont suggérer, comme cela est appliqué actuellement aux États-Unis, d’augmenter le nombre de paliers d’imposition au Québec de 4 à 7, d’introduire les impôts successoraux et d’augmenter racialement l’impôt des entreprises.
Le représentant à la Commission qui travaille à  la Banque Desjardins, Yves St-Maurice, a nettement affiché sa préférence pour les taxes à la consommation en proposant de les augmenter et de diminuer les impôts sur le revenu (La Presse 17 novembre 2008). Comme le patronat le veut. Il y a aussi comme commissaire, Dana Ades-Landy de la Banque Scotia, l’institution financière qui a acheté les filiales de BNP-Paribas dans les pires paradis fiscaux . C’est pourquoi la banque française s’en était bien retirée :
« BN-Paribas quitte les paradis fiscaux (Panama et Îles Caïmans» (Le Devoir, 29 septembre 2009) que la Banque Scotia a acheté sans problème, bien au contraire. (7 octobre 2010). N’oubliez pas que cette commission est présidée par l’irrésistible Luc Godbout qui est aussi fiscaliste et aussi économiste et qui est un intégriste pur et dur des taxes à la consommation et du moins d’impôt sur le revenu tout comme le patronat. «Taxez intelligemment ». (Le Devoir, 30 février 2012). Pour ce sbire c’est de taxer la consommation qui est un gros impact sur l’inflation, qui a son tour augmente les prix et que vous devez en sus. Ça, jamais les illuminés de la TVQ ne disent un traite mot sur son effet sur l’inflation afin de tromper la population.
Et la Commission de révision permanente (sic) des programmes : du pareil au même
Eh ben, c’est pas mieux sur la Commission dirigée par l’ex-ministre libérale de Jean Charest, qui était partisane du moins d’États et plus de privés par la réingénierie et la modernisation soit la flamboyante Lucienne Robillard. Pour épauler et pour aider à faire sa job de bras, Philippe Couillard a nommé sur cette commission le matamore Robert Gagné des HEC, qui a dépeint en 2014 le Québec en état de respirateur artificiel et qui, pour exorcisés de son état comateux a tout simplement suggéré de : «Hausser la TVQ à 18% (rien de moins) pour sortir le Québec du rouge». (Le Journal de Montréal, 29 janvier 2014). Pas augmenter les impôts sur le revenu des riches et des compagnies, pas de réduire leurs abris fiscaux et leur accès aux paradis fiscaux comme cela a été fait aux States et en Europe. Mais non, l’universitaire franchisé demande de hausse à TVQ à 18%. Couillard a tellement aimé son idée originale et audacieuse qu’il l’a nommé de facto sur ladite Commission qui aura pour mandat de varger dans nos programmes sociaux squelettiques comparés à ceux en vigueur en Europe, comme en France t en Scandinavie.
Et pour ce foutre encore plus du monde, Couillard a aussi nommé sur cette dernière Commission, l’économiste universitaire apparente Claude Montmarquette qui a déjà proposé:« augmenter les taxes à la consommation pour pouvoir réduire les impôts». (Les Affaires, 19 mars 2005). La boucle est ainsi bouclée avec la présence aux deux Commissions du commando favorable des taxes à la consommation comme leurs amis affairistes. J’espère que vous commencez à avoir une petite idée sur ce que sera les conclusions et les recommandations «lucides», «astucieuses» et «courageuses» qui sortiront de ce «brainstorming» de ces appendices du pouvoir présents aux deux Commissions.  Pour terminer, disons que:« Montmarquette, un économiste qui se méfie de l’État » (La Presse, 22 février 2003). Le monsieur n’aime pas l’État et ses services publics. Il lui préfère le privé. C’est lui avec son semblable Luc Godbout qui ont dernièrement recommandé, entre autre niaiserie, de privatiser partiellement Hydro-Québec et la Société des Alcools du Québec, deux joyaux collectifs. Les privatiser partiellement dans un premier temps pour ensuite les vendre en totalité, comme ils l’ont fait pour Pétro-Canada, bien évidemment.
Pour conclure, puis-je reprendre le titre de cet article de journal qui sied bien à Couillard et à ces commis commissaires : «Techno. Bien placer ses haut-parleurs» (10 mai 2014). C’est ce que Couillard a fait à la demande de vous savez qui?

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