Il s'agit des promesses des OMT (outright monetary transactions) de la BCE -- qui n'ont pour l'instant jamais été activées et ne le seront sans doute jamais (attention aux futurs jugements de la cour de Karlsruhe sur cette question). Il s'agit du quantitative easing éternel de la Fed. Il s'agit aussi de l'agressivité monétaire sans précédent historique de la Banque du Japon.
Compte tenu des excès, ils ne peuvent plus évoluer de manière ordonnée dans un scénario de désintoxication progressive. C'est la conséquence de la forte mondialisation de la finance et de la corrélation des portefeuilles : les premières grosses pertes matérialisées sur certains actifs par des investisseurs les obligeront à vendre en catastrophe d'autres types d'actifs pour compenser leurs moins-values...
Entre 2004 et 2007, l'absence d'aversion au risque avait conduit au jeu suivant : emprunts de franc suisse et de yen à des taux très bas, vente de ces devises contre le dollar et d'autres devises à haut rendement. Les premières secousses de 2007 ont conduit les hedge funds pratiquant le carry trade à de fortes pertes. Ils furent contraints de déboucler leurs positions en rachetant massivement à découvert le yen et le franc suisse entre juillet 2007 et fin 2008. C'est pourquoi, à tort ou à raison, tout regain d'aversion au risque est très souvent synonyme d'appréciation du yen et du franc suisse.
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Sur
le marché des changes, le franc suisse et le yen ont actuellement
tendance à s'apprécier brutalement. Ce n'est sûrement pas dû à une
supériorité des économies suisse et japonaise sur celle des autres pays
mais plutôt à la mémoire des investisseurs.Dans les années 2011-2013, le dollar et dans une moindre mesure la livre et l'euro, assortis de taux d'intérêts quasi-nuls, ont été des monnaies de carry trade empruntées contre devises émergentes. Cela provoque les mini-krachs que vous voyez sur les actifs émergents depuis mai 2013 dans un contexte de débouclements de cette seconde génération d'opérations de carry trade.
Les sorties de capitaux des marchés émergents aggravent les fondamentaux. Ce phénomène s'est déjà produit entre 2005 et l'été 2008. Avec un emballement à partir de l'automne 2008 lorsque la faillite de Lehman draina l'argent vers les zones refuges : dollar, franc suisse et yen. Ce phénomène a modifié significativement la situation macro-économique des émergents uniquement parce qu'il y avait modification de la perception du risque émergent par les marchés.
Au-delà du débouclement d'opérations spéculatives de carry trade, la crise des pays émergents s'appuie sur une très nette dégradation des fondamentaux qui va finalement accélérer la fuite des capitaux. Certains pays se retrouvent fragilisés, avec des situations d'insuffisance d'épargne -- comme le Brésil, la Turquie, l'Inde et l'Indonésie. Dans ce dernier pays, le déficit extérieur a été multiplié par près de quatre en 2012 et 2013 par rapport à la situation moyenne de 2008-2011.
La situation actuelle rappelle la crise mexicaine de 1994, la crise asiatique de 1997 et la crise russe de 1998. Le défaut russe s'expliquait par des déséquilibres classiques : solde négatif de la balance commerciale dès 1991 et creusement des déficits publics sous l'effet de l'insuffisance des recettes fiscales. Cette situation est fondamentalement semblable à celle de la Grèce, du Portugal et de l'Espagne d'aujourd'hui mais que certaines économies émergentes sont en train d'emprunter.
La Russie va, en accord avec le FMI, mener une politique absurde d'émission de titres publics (les GKO) libellés en rouble et sur des échéances très courtes (trois mois). Dès lors, la tragédie est inévitable : plus le déficit budgétaire est important, plus il faut émettre de GKO, et plus leur remboursement (à échéance courte) exige de nouvelles émissions, d'où une insoutenable explosion de la dette publique.
Les capitaux se déplacent massivement dans la perspective d'un resserrement monétaire, même lointain, de la Fed. Indépendamment de la politique monétaire américaine, cet assèchement conduira à une dégradation des fondamentaux économiques de certains pays émergents.
Si ces mouvements provoquent des pertes importantes chez des hedge funds et autres "zinzins", le phénomène pourrait s'emballer et toucher les obligations d'Etats développés, et les portefeuilles bancaires. En effet, les méga-banques font travailler leurs fonds propres dans des activités spéculatives pour compte propre. Toute grosse perte les mettrait dans une situation très dangereuse.
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Les spéculateurs ont probablement raison. La Fed est déjà allée trop loin. L'économie -- si on peut appeler ça comme ça -- dépend des taux zéro et de l'assouplissement quantitatif.
Par ailleurs, Ben Bernanke quitte son poste en janvier. Il cherche désespérément à maintenir les choses en l'état, de manière à pouvoir partir avec une réputation -- si on peut appeler ça comme ça -- intacte. Il a déjà ajouté 2 200 milliards de dollars aux engagements de la Fed. Qu'est-ce que quelques centaines de milliards supplémentaires ?
Cela nous fait penser à une catégorie d'activité humaine qui n'a jamais été correctement étudiée. Appelée "tankafère", elle représente probablement entre 10% et 15% du PIB d'un pays.
Nous y réfléchissions tandis que les "Bobby's Potties" étaient désinstallées du jardin hier. Les toilettes mobiles de cette marque sont une merveille d'ingénierie sanitaire moderne. Elles comportent plusieurs compartiments, sont propres, bien éclairées...
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Avec un tel triptyque de fabuleuses nouvelles, comment l'EuroStoxx 50, le CAC 40, le DAX 30 ou le S&P 500 n'auraient-ils pas retracé leurs records annuels ?
Sauf que tout le monde se trompe : le véritable scoop, l'apothéose de la séance de mardi, c'est la consécration de Goldman Sachs qui accède à l'Olympe, au Saint-Graal, au Panthéon du capitalisme.
Oui, "GS" va intégrer le Dow Jones le 23 septembre prochain, en lieu et place de Bank of America Merrill Lynch (qui représente seulement 40 millions de "petits" clients aux Etats-Unis et 57 millions de par le monde).
Notons également que Nike botte Alcoa en touche et que Hewlett-Packard obtient son Visa pour la seconde division (et oui, c'est Visa qui monte en première).
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