Le robot Philae de la sonde spatiale Rosetta était le début d' une longue conquête avec comme objectif ultime, l' exploitation des ressources minières des météorites. Il y a 30 ans de cela, des ingénieurs souhaitaient poser une sonde sur une comète pour en prélever des échantillons puis les renvoyer sur Terre. Depuis 1993, la mission du robot Philae est née. Ce dernier a alors eu pour seul et unique objectif d'atteindre la comète 67P/Tchourioumov-Guérassimenko et d'en étudier sa composition. Chaque projet de plusieurs millions a comme objectif un but rentable pour le développement d' une exploitation quelconque de l' espace et cette mission aussi louable soit elle pour la science est en fait un excellent exemple pour un investisseur astucieux.
Les infinies richesses de l'univers
Exploiter les richesses de l'univers n'appartient donc plus uniquement au domaine de la science-fiction. Créée en 2010, la société Planetary Resources a pour objectif affiché –depuis 2012 – l'exploitation des ressources minières des astéroïdes, et ce dans un futur plutôt proche.
Exploiter les richesses de l'univers n'appartient donc plus uniquement au domaine de la science-fiction. Créée en 2010, la société Planetary Resources a pour objectif affiché –depuis 2012 – l'exploitation des ressources minières des astéroïdes, et ce dans un futur plutôt proche.
La société a réussi à attirer des investisseurs prestigieux comme Larry Page, PDG de Google, et James Cameron, réalisateur du larmoyant Titanic.
«1 500 astéroïdes seraient aussi "facilement" accessibles que la lune, et leur sous-sol recéleraient d'importances ressources en terres rares, en platine, en or et même... en eau»
Leur site Internet nous en apprend plus sur leurs stellaires ambitions. 1 500 astéroïdes seraient aussi "facilement" accessibles que la lune, et leur sous-sol (mais peut-on vraiment parler de sous-sols dans le cas d'astéroïdes ?) récéleraient d'importances ressources en terres rares (ces métaux qui sont indispensables à la plupart des nos technologies contemporaines, comme les écrans tactiles, les batteries pour smartphones et autres appareils portables, batteries pour voitures électriques ou encore les panneaux solaires), en platine, en or et même... en eau.
Effectivement, nombre de ces matières sont menacées de pénurie à court/moyen terme. Pour le cas de l'eau potable, je vous rappelle ainsi qu'elle représente moins de 3% de l'eau de notre planète et que sur ces 3%, seuls moins d'1% est réellement exploitable (le reste étant contenu dans des glaciers ou des ressources souterraines inaccessibles).
Certains s'inquiètent donc d'une pénurie à court terme, sous l'effet conjugué de la hausse de la demande non seulement humaine mais aussi et surtout agricole et industrielle. Nous sommes de plus en plus nombreux sur Terre à rêver d'un hamburger pour notre déjeuner (voire même aussi à notre dîner), or ces veaux, vaches et cochons, il faut bien les nourrir et les abreuver. Les besoins en eau étant croissants, nous sommes aujourd'hui confrontés à un problème crucial d'approvisionnement... La solution viendra-t-elle de l'espace ?
En novembre 2013, un rapport du Centre commun de recherche européen pointait du doigt un risque important de pénurie de 8 métaux stratégiques pour la période 2020-2030
Même problème pour les terres rares. En novembre 2013, un rapport du Centre commun de recherche européen pointait du doigt un risque important de pénurie de 8 métaux stratégiques pour la période 2020-2030. Des métaux indispensables aux nouvelles technologies de l'information mais aussi aux énergies alternatives mais aussi pour les voitures hybrides et électriques. Parmi ces 8 métaux, 6 sont des terres rares : le dysprosium, le néodyme, le praséodyme, l'europium, le terbium et l'yttrium.
A ces 8 métaux critiques, il faut en ajouter 4 autres "quasi-critiques", à savoir le platine, l'indium, le graphite et le rhénium.
Les astéroïdes, des mines au-dessus de nos têtes
Les astéroïdes pourraient fournir une réponse à cette pénurie prévue et programmée. Ces objets célestes sont formés de roches, de métaux mais aussi de glace d'eau sous des proportions plus ou moins importantes. Leur classification reflète d'ailleurs cette composition.
Les astéroïdes pourraient fournir une réponse à cette pénurie prévue et programmée. Ces objets célestes sont formés de roches, de métaux mais aussi de glace d'eau sous des proportions plus ou moins importantes. Leur classification reflète d'ailleurs cette composition.
Les astéroïdes de type C, les plus courants, sont essentiellement formés de carbone et pourraient contenir environ 22% d'eau. Les astéroïdes de type S, principalement composés de silice, contiennent du fer et du nickel. Enfin, les astéroïdes de type M, ou métalliques, sont essentiellement composés de fer et de nickel et pourraient en outre receler des métaux précieux et des terres rares.
Cette dernière catégorie intéresse tout particulièrement les tenants de l'exploitation minière spatiale. Plusieurs études estiment qu'un astéroïde métallique d'un diamètre d'1 km pourrait contenir 2 milliards de tonnes de nickel et de fer, soit l'équivalent de la production mondiale de fer en 2011. Pour Planetary Resources, un astéroïde d'un diamètre de 500 m pourrait contenir à lui seul autant de platinoïdes que ce que nous avons extrait des entrailles de la Terre depuis le début de leur exploitation. On comprend que ce potentiel quasi-illimité fasse rêver.
Autre avantage, la plupart de ces ressources sont situées en surface des astéroïdes ce qui laisse entrevoir une exploitation minière à ciel ouvert.
Reste que la probabilité de trouver des terres rares et des métaux précieux reste inférieure à celle de tomber sur des réserves de fer dont les besoins actuels sont bien inférieurs à l'offre. Une intense phase d'analyses et de repérages va donc être nécessaire pour envisager concrètement une exploitation minière.
La course à la mine
Planetary Resources n'est pas la seule entreprise privée à s'être lancée dans l'entreprise. En décembre 2013 se créait la société Deep Space Industries, américaine elle-aussi, avec des objectifs à peu près similaires.
Planetary Resources n'est pas la seule entreprise privée à s'être lancée dans l'entreprise. En décembre 2013 se créait la société Deep Space Industries, américaine elle-aussi, avec des objectifs à peu près similaires.
La Nasa elle-même a déclaré étudier plusieurs projets d'exploitation minière des astéroïdes. En 2012, elle a ainsi mis sur place le projet Robotic Asteroid Prospector destiné à examiner la faisabilité de l'exploitation minière des astéroïdes, d'un point de vue aussi bien technique que financier.
Verrons-nous dans les années qui viennent des mineurs dans l'espace ?
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