vendredi 18 juillet 2014

Exercice anti-ronflement

Exercices pour arrêter de ronfler


"L’entassement dans les lits était classique dans les campagnes". 
Michelle Perrot, "Histoire de chambres", (Ed Seuil 2009).


L’origine de l’expression "mauvais coucheur" trouve son origine dans les situations de promiscuité qui obligeaient les gens à dormir sur une couche commune. On jetait l’opprobre sur celui qui dérangeait le sommeil des autres par son comportement nocturne.
Les personnes qui ronflent se trouvent parfois devant un véritable problème : comment ne pas être des mauvais coucheurs !
25% des hommes et 15% des femmes souffrent de ce que l’on appelle la ronchopathie. Sa fréquence augmente avec l’âge touchant plus d’une personne sur deux après 50 ans.
Le ronflement peut atteindre jusqu’à 80 décibels (l’équivalent d’un moteur de mobylette) et représenter une véritable nuisance pour l’entourage, et pour le dormeur lui même.

Pour autant, la question principale est de savoir évaluer avant tout l’impact du ronflement chez le ronfleur lui même. Le ronfleur n’est pas toujours le bon dormeur qu’il croit !
N’hésitez pas à consulter votre médecin en lui apportant un enregistrement audio du bruit de votre respiration nocturne. Si nécessaire, il vous orientera pour faire une polygraphie respiratoire du sommeil. (Cf. "Exploration du sommeil").
En pratique, lorsque le ronflement fait partie du syndrome d’apnée du sommeil, le traitement de choix reste l’utilisation d’un masque à pression positive (Cf."CPAP" sur l’article"Apnée du sommeil").
Malgré son apparente complexité, si le diagnostic est bien posé, ce dispositif est souvent très bien toléré dès lors qu’il apporte un réel soulagement à son utilisateur.
Mais en l’absence d’apnée en nombre suffisant pour justifier une telle prise en charge) , le ronfleur se trouve bien démuni.
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La "conjugopathie" n’est pas inéluctable...
Que peut-on lui proposer ?



Voici une revue exhaustive des techniques de prise en charge validée du ronflement


  • Hygiène du sommeil
  • La connaissance des règles d’hygiène du sommeil est un préalable à la prise en charge du ronflement, car pour contrôler le sommeil, il faut d’abord lui obéir  [1].
    La fréquence et l’intensité du ronflement dépend de la qualité du sommeil.
    Il faut savoir favoriser le sommeil profond car le ronflement est souvent plus sévère dans les phases de sommeil léger (stade 2).
    Nous recommandons en particulier la lecture des articles suivants :
    "Consignes générales pour un bon sommeil".
    "Savoir en sept points".
    "Savoir dormir".
    "Déterminer son chronotype".
    "Somnolence diurne excessive".
    "Sieste : mode d’emploi".
    - Et etc... "Un bon dormeur se souche en confiance et se réveille en forme".



  • Perdre du poids
  • Même si tous les ronfleurs ne sont pas en surpoids, quand c’est le cas, il est indiscutable que l’excès de poids et le ronflement s’insèrent dans un véritable cercle vicieux.
    Consultez votre médecin, en cherchant à ne pas vous engager vers un régime trop difficile. Toute contrainte alimentaire risque de provoquer une réaction inverse de surcompensation.
    À chacun son conseil ! Qu’importe comment vous perdez du poids, du moment que vous le faites le plus naturellement possible. 
    Nb Il faut savoir que les interactions entre le mécanisme de régulation du sommeil et celui de l’équilibre alimentaire sont extrêmement étroits.
    À lire (prochainement) sur le site l’article "Sommeil et poids".



  • Gymnastique de la langue et de la gorge
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    Anatomie des voies aériennes supérieures
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    "Les muscles des voies aériennes supérieures sont extrêmement complexes"
    Voici quelques exercices qui ont récemment fait la preuve de leur efficacité pour réduire le ronflement par le renforcement des muscles de la langue et de la gorge [2].
    http://www.sleepwellblog.com/2009/0...
    Chaque exercice doit être répété cinq fois en alternance avec des périodes de repos
    • Crisper les lèvres pendant 10 secondes, comme pour donner un baiser.
    • Ouvrir grand la bouche, et sortir cinq fois sa langue le plus loin possible pendant 10 secondes.
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      Exercice de musculation du larynx
    • Sortir sa langue et appuyer vers un côté. Tenez pendant 10 secondes et relâchez l’effort, puis de l’autre côté pendant 10 secondes.
      Répéter cinq fois de chaque côté.
    • Sortir sa langue pendant 20 secondes comme pour essayer de se toucher le bout du nez.
    • Ouvrir et fermer la bouche le plus rapidement possible durant cinq séries de 15 secondes.
    • Chanter cinq fois le plus fort possible les voyelles A, E, I, O, U.
      Chanter cinq fois Lu-Lu-Lu au plus haut de votre voix.
      Faites ensuite la même chose en chantant Ké-Ké-Ké et terminez enfin la série avec Ma-Ma-Ma.
      Nb : faites des efforts pour bien sentir et contracter les muscles de la gorge.

    On peut commencer ces exercices de musculation une fois par jour et poursuivre par deux ou trois fois par jour.



  • Intérêt du chant ?
  • Au-delà de son indiscutable effet euphorisant qui devrait encourager tout un chacun à la pratique du chant, des études scientifiques récentes semblent valider un effet anti-ronflement de cette pratique trop souvent abandonnée de nos jours.
    Le chant est un somnicament ! (lire l’article sur les ’Somnicaments").
    On peut se procurer sur internet une sélection de chants et un livret de conseils spécialement étudiés pour le traitement du ronflement [3]. L’idée est bonne, mais nous trouvons que c’est plutôt cher, pour un carnet de chant (42.00 £ (60 €).
    Une étude sur un échantillon de chanteurs et de non chanteurs, semble montrer que le chant a un réel effet bénéfique sur le ronflement.
    Les instruments à vent également
    Dans une étude récente portant sur 901 musiciens professionnels, il a été observé que les joueurs d’instruments à vent étaient moins sujets au syndrome d’apnée du sommeil [4]
    Jouer du basson protège contre l’apnée du sommeil.


    Une autre étude suisse de 2005 démontre que le Didgeridoo (Un instrument à vent australien), est un traitement alternatif du syndrome d’apnée obstructive du sommeil.
    Didgeridoo playing as alternative treatment for obstructive sleep apnoea syndrome : randomised controlled trial.


  • Conseils et astuces
    • Bougez !
      Une petite marche tous les matins est le meilleur des fortifiants connus parce que cela synchronise les horloges internes et améliore l’efficacité du sommeil.
    • Évitez de vous mettre en privation de sommeil (ou de faire des jetlags).
      Si vos horaires de vie occasionnent une dette de sommeil, vous pouvez essayer de pratiquer une courte sieste vers 13h.
      Nb : la sieste est un somnicament puissant mais qui ne doit pas masquer une somnolence diurne excessive.
      Cf. l’article sur la "Sieste, indications et contre-indications".
    • Évitez les allergènes (poils d’animaux, poussières, moquettes...) qui causent nez bouché qui coule, gonflement et démangeaisons.
      Aérez soigneusement la chambre à coucher.
    • Évitez l’alcool tout spécialement le soir.
      (lire l’article ’Cannabis et alcool").
    • Évitez les somnifères et aussi les tranquillisants.
    • Cessez de fumer et évitez la fumée de cigarette (ou de cannabis).
    • Ne prenez pas votre dernier repas moins de trois heures avant le coucher.
      Ne mangez pas trop salé et évitez les graisses le soir.
    • Ne buvez pas trop de liquide avant de dormir.
      Il est bien préférable de s’hydrater dès le matin et au cours de la journée.
    • Nb Certains préconisent une cuillère de miel avant le coucher mais la plupart des dentistes ne seraient certainement pas d’accord compte tenu du risque de caries.


  • Prise en charge positionnelle
    • Surélever légèrement (5 cm) les pieds du lit côté tête.
      Cela permet de réduire l’œdème des parties molles du pharynx.
      Ce point est très important en cas de surcharge hydrique par insuffisance cardiaque ou hypertension artérielle.
      Vous pouvez aussi mettre des serviettes roulées sous votre matelas. 
      Nb Attention : Cela peut être contre-indiqué si vous (ou votre conjoint) souffrez de mauvaise circulation dans les jambes.

      Un oreiller plat et ferme peut aider conserver une position du cou plus rectiligne (mais ce point est surtout une affaire de goût personnel)..
    • Le ronflement est très souvent majoré en position dorsale : Choisir de s’endormir le dos contre un mur.
    • Mais il est rare que l’on dorme sans se retourner plusieurs fois dans la nuit. Comment rester sur le côté ? :
      - on peut accrocher une balle de tennis dans le dos du pyjama avec une bande Velcro (ou utiliser un petit soutiens-gorge pour dormir avec deux balles sur le dos).
      - ou placer une rangée de coussins pour ne pas rouler dans le lit.
    • Savoir enseigner à son entourage les prises pour déplacer un dormeur en PLS (position latérale dite de sécurité).
      Plier un genou et utiliser le poids de la jambe pour faire basculer le corps en tirant sur l’épaule du même côté (Cf. Photos du cours de secourisme).

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    www.urgencyclopedie.info


  • Prise en charge médicamenteuse
    • Traitement des allergies ?
      Les éternuements en série, le mouchage matinal bruyant, les démangeaisons dans le nez ou la gorge sont des signes d’allergies qu’il faut apprendre à identifier.
      Leur traitement "au coup par coup" par les médicaments "anti histamine" est simple et bien toléré (du moins en ce qui concerne les molécules récentes car il faut se méfier d’une éventuelle somnolence).
    • Prévention de l’exposition aux levures en évitant les produits laitiers frais le soir. (Nda : ce point manque un peu de preuve scientifique).
    • Toilette nasale ?
      L’utilisation de liquide physiologique en toilette nasale peut contribuer à réduire la présence de mucus, de poussière et autres allergènes.
      Sous réserve de ce qui précède, les personnes qui souffrent de congestion nasale fréquente peuvent se voir prescrire des produits dits de "lavage".
      Certains contiennent des antiseptiques capables de tuer les bactéries et les virus (sans efficacité démontrée).
    • Spray vasoconstricteurs : idem, sous certaines réserves, il peuvent aider à déboucher le nez. Il doivent être utilisés sous contrôle médical compte tenu du risque d’aggravation lié aux effets indésirables de ces produits.
    • Spray cortisonés : idem, sous certaines réserves, ils peuvent contribuer à améliorer le diamètre du passage aérien.



  • Gouttière d’avancée mandibulaire
  • Les OAM, Orthèses d’Avancée Mandibulaires, sont des doubles gouttières buccales en silicone qu’il faut porter pendant le sommeil. (Cf. doc). Elles sont efficaces sur le ronflement (et également dans l’apnée du sommeil) plus d’une fois sur deux mais restent inconfortables et trop souvent coûteuses.
    Elles représentent une alternative très pratique car elles permettent un usage plus ponctuel.
    Ce sont selon nous, d’excellent systèmes notamment lorsque le ronflement menace le couple...
    Nb. Elles doivent être réalisées sur mesure par un dentiste pour s’adapter à votre bouche.
    Lire aussi les autres articles du site sur le ronflement :
    "Ronflement".
    "Apnée du sommeil".


  • Faut-il en passer par la chirurgie ?
  • Certains spécialistes pourraient envisager d’enlever vos amygdales ou vous conseiller une UVPP (Uvulo-Palato-Pharyngo-Plastie) qui est conçue pour augmenter les passages d’air dans la gorge.
    Le geste n’est pas anodin, et implique habituellement une période minimum de récupération de 2 semaines. Les résultats à court terme sont bons mais les résultats à plus long terme tombent en-dessous de 50%.
    Les traitements au laser consistent à rigidifier les tissus mous. Il imposent habituellement une période plus courte de rétablissement mais sont plus coûteux.
    À noter que l’intérêt de ces techniques chirurgicales "légères" n’est pas démontré dans le cas d’apnée du sommeil (contrairement aux OAM).
    Nb : une opération lourde dite "d’avance bi-mandibulaire" se pratique parfois en cas d’apnées importantes avec obstacle à la mise sous dispositif de pression positive (Cf. CPAP Pression Aérienne Positive Continue). Il s’agit d’indications exceptionnelles et qui ne doivent pas être pratiquées pour un simple ronflement.

    Si ces exercices n’amélioraient pas votre ronflement, consultez votre médecin.



  • Les arnaques...
    • Spray lubrifiants ;
    • Pommades ou spray vaso-constrictives (menthol, camphre, baume du Tigre...) ; Écarteurs de narines ; Bandelettes nasales... ;
    • Aromathérapie ? (Huile essentielle "de lavande et de marjolaine" ?),
    • Bracelets anti-ronflements...(destinés à réveiller le ronfleur !) ;
    • Pierre, plante, talismans magiques ;
    • Etc... L’imagination des fabricants est sans limites...(le nombre de sites commerciaux sur le ronflement en témoigne).
      ("Quand on pense qu’il suffirait que les gens n’en achètent plus pour qu’on arrête d’en vendre" disait Coluche).


    Rappel :
    Il faut savoir dépister les ronfleurs qui souffrent sans en avoir conscience de somnolence diurne excessive, et qui se croient à tort "très bons dormeurs" (car capable de s’endormir n’importe où).
    Une trop forte propension à la sieste doit faire évoquer une insuffisance de sommeil (Cf.).
    Voir l’échelle d’Epworth pour le dépistage de la somnolence.
    Lire l’article sur la "Somnolence diurne excessive".

    Notes

    [1Pour paraphraser Francis Bacon, philosophe et aphoriste Anglais (1561 - 1626) :"Pour contrôler la nature, il faut lui obéir et c’est par la contemplation de la cause que l’on détermine la règle." (Nda. Traduction pour le site, du vieil anglais : " Human knowledge and human power meet in one ; for where the cause is not known the effect cannot be produced. Nature to be commanded must be obeyed ; and that which in contemplation is as the cause is in operation as the rule." ).
    [2Guimarães KC, Drager LF, Genta PR, Marcondes BF, Lorenzi-Filho G. Effects of Oropharyngeal Exercises on Patients with Moderate Sleep Apnea Syndrone. Am J Respir Crit Care Med 2009 ; 179 : 962-966
    [3"The triple CD and 48 page booklet costs £42.00 + postage and packing".
    [4Ward CP, et al. "Risk of obstructive sleep apnea in wind musicians." SLEEP. 2009, 32 : A233.

    vendredi 11 juillet 2014

    Africa

    Africa’s Big Men betray it still



    Gerald Caplan is an African scholar, former NDP organizer and a regular panelist on CBC’s Power and Politics.

    Two weeks ago, at the annual meeting of the African Union, 54 African heads of state quietly voted to grant themselves and their senior officials immunity from prosecution for genocide and crimes against humanity at the African Court of Justice and Human Rights. In a flash, the credibility of the nascent court, seen as the African alternative to the much-criticized International Criminal Court, vanished into thin air. Amnesty International blasted the decision as “a backward step in the fight against impunity and a betrayal of victims of serious violations of human rights.”



    The decision can only be seen as a flagrantly self-serving step to protect past and present African presidents accused of terrible crimes, like those of Sudan, Kenya and Ivory Coast, to mention only three. Yet the move is simply one more in a shameful litany of betrayals of their own people by innumerable African leaders ever since colonialism ended.
    The struggle to free Africa of the yoke of colonialism is one of the great forgotten causes of the 20th century. Modestly launched in the 1930s, by 1956 Sudan had gained its independence from Britain, followed with great fanfare by Ghana in 1957.
    The floodgates, once opened, could not be closed. By the mid-1960s, all French and Belgian colonies and all British colonies except those in southern Africa were, nominally at least, independent. The Portuguese colonies of Mozambique and Angola followed in 1975, white-ruled Rhodesia became Zimbabwe five years later, Namibia five years after that. While in practice neo-colonialism thrived almost everywhere, in 1994 Nelson Mandela’s election victory in South Africa marked the end of formal white domination of Africa.
    In most countries, the independence struggle was led by “freedom movements” headed by charismatic “freedom fighters”: Nkrumah, Kenyatta, Nyerere, Kaunda, Mandela. Great hope was invested in these men and their movements. Many of us in the west allowed ourselves to believe a new era in human history was unfolding. We reasoned that these men had personally endured the worst of what the powerful and privileged do to the weak and oppressed, that their governments would reverse the practices of the colonial powers – violence, racism, the enrichment of the rulers at the expense of the ruled–– and that something approaching a new egalitarian utopia would be built across Africa. We could not have been more wrong.
    In fact, the world was soon shocked to discover that too many of the new African leaders had learned a different lesson in the prisons of their white colonial masters. Those prisons now became their prisons, used to brutalize their own citizens. The world of privilege their white rulers once monopolized became their world. In country after country, the proud nationalist rhetoric of the independence struggle gave way to ethnic or clan triumphalism. For decades almost every state on the continent was run by a dictatorship.
    It was, from one end of the continent to the other, a betrayal for which Africa is still paying dearly. Yes, the “Big Men,” as they were now known, were critically enabled in their treachery by western governments and western commercial interests. But that in no way mitigates their own unquestioned culpability.
    You may hear today, in between news about the latest violent crisis or massive famine, that some African countries are finally experiencing economic growth and a kind of democracy. There is some truth to that. But whatever the progress, we can only imagine what it might have been like without a half-century of depredations by the Big Men. A nightmare descended on the continent, sparing few, and it haunts Africa still.
    Biafra. Darfur. Rwanda. Anarchy in Somalia. Famine in Ethiopia. And the Big Men themselves, a dishonour role of tyranny and sadism. Ashamed of his country and his continent, Nigerian writer Wole Soyinka wrote of “a power-crazed and rapacious leadership”: Gadhafi. Mobuto. Idi Amin. Bokassa. Mugabe. Abacha. Mengistu. Charles Taylor. Samuel Doe. Omar Al-Bashir. Between 1960 and 2004, sub-Saharan Africa witnessed 26 wars, nearly 200 attempted coups, 80 violent or unconstitutional changes of government, half of all presidents overthrown, 25 heads of government killed.
    As for their subjects, since independence almost all of sub-Saharan Africa has ranked in the bottom quarter of the UN’s Human Development Index, where it remains today.
    Are today’s leaders so clean they can grant themselves immunity from prosecution? Al-Bashir, the genocidalist Sudanese president, who still reigns after 25 years. Mugabe, still a menace to Zimbabweans after 34. Kenya’s Kenyatta, wanted by the International Criminal Court. The leaders of the world’s newest state, South Sudan, fomenting ethnic violence. The men responsible for the conflicts in Congo, Nigeria, Mali, Central African Republic, Somalia. The men who unforgivably denied the reality of HIV and AIDS.
    Such men are, no doubt, righteously outraged that the InternationalCriminal Court feels more like the African Criminal Court, that the likes of George W. Bush and Tony Blair are forever immune from punishment for their palpable crimes. But should Africa’s leaders then seek their own immunity? What have they to hide, to fear, from the pursuit of justice?
    Poor Africa. Its Big Men betray it still.
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    jeudi 10 juillet 2014

    Des escortes vous transforment en un meilleur amant


    Des escortes vous transforment en un meilleur amant


    Mélodie Nelson






    Je ne connais pas Gwyneth Montenegro, qui doit certainement avoir de bons conseils à donner aux hommes pour être de meilleurs amants. Même si mes copines qui travaillent dans l'industrie du sexe n'ont pas eu autant de relations sexuelles que Gwyneth (elle affirme avoir batifolé avec 10 091 hommes), elles ont quand même beaucoup d'expérience. Généreuses, six d'entre elles m'ont confié ce qu'elles considéraient comme essentiel pour rendre une femme heureuse au lit.

    L'ÉCOUTE EST PLUS IMPORTANTE QUE LA TAILLE DU PÉNIS

    «D'écouter. De ne pas faire ce qu'il pense être bien, mais d'écouter. De ne pas avoir peur de se tromper, de recommencer, et surtout, la première fois, de prendre son temps pour écouter l'autre.»

    DE LUI DIRE QU'ELLE EST BELLE, PARTOUT, PARTOUT

    «La plupart des femmes sont mal à l'aise ou très peu à l'aise avec leur vagin. Je pense que pour qu'un homme ait 100 % de tout ce qu'une femme peut être dans une relation sexuelle et bien il se doit de trouver beau son sexe et lui dire. Comme ça elle acceptera de s'ouvrir à tous les plaisirs possibles!»

    ÊTRE CONSCIENT DE L'ÉNERGIE DE SA PARTENAIRE

    «Prendre son temps, resJe ne connais pas Gwyneth Montenegro, qui doit certainement avoir de bons conseils à donner aux hommes pour être de meilleurs amants. Même si mes copines qui travaillent dans l'industrie du sexe n'ont pas eu autant de relations sexuelles que Gwyneth (elle affirme avoir batifolé avec 10 091 hommes), elles ont quand même beaucoup d'expérience. Généreuses, six d'entre elles m'ont confié ce qu'elles considéraient comme essentiel pour rendre une femme heureuse au lit.

    L'ÉCOUTE EST PLUS IMPORTANTE QUE LA TAILLE DU PÉNIS

    «D'écouter. De ne pas faire ce qu'il pense être bien, mais d'écouter. De ne pas avoir peur de se tromper, de recommencer, et surtout, la première fois, de prendre son temps pour écouter l'autre.»

    DE LUI DIRE QU'ELLE EST BELLE, PARTOUT, PARTOUT

    «La plupart des femmes sont mal à l'aise ou très peu à l'aise avec leur vagin. Je pense que pour qu'un homme ait 100 % de tout ce qu'une femme peut être dans une relation sexuelle et bien il se doit de trouver beau son sexe et lui dire. Comme ça elle acceptera de s'ouvrir à tous les plaisirs possibles!»

    ÊTRE CONSCIENT DE L'ÉNERGIE DE SA PARTENAIRE

    «Prendre son temps, respirer. Apprendre comment fonctionne l'énergie. Toujours la donner, ne jamais la voler. Jamais la tirer.»

    NE JAMAIS AVOIR L'ORGASME COMME BUT ULTIME

    «Je dirais de ne pas chercher à ce que la fille aie un orgasme ou plusieurs orgasmes à tout prix. La fille prend son pied à faire jouir un mec aussi et peut avoir du plaisir au max sans nécessairement atteindre l'orgasme chaque fois. Ce n'est pas mieux si le mec ne tiens pas compte du plaisir de la fille, par contre...»

    LA PORNO ET LES INSULTES NE SONT PAS TOUJOURS À PROSCRIRE

    «En général, les mecs croient que les filles n'aiment pas la porno et qu'elles trouvent ça dégradant, alors que moi j'adore. Je crois que ça peut être utilisé aussi dans une relation à deux. Par exemple, j'échange des sites web avec mon chum. Parler cochon en baisant, ça peut être super excitant. Dans la vie, je n'aime pas me faire traiter de salope, mais au lit... Il faut faire la différence entre ce qui se passe au lit et ce qui se passe ailleurs. Être féministe ne veux pas dire que c'est impossible de se faire dominer au lit. C'est important de s'en parler avant.»

    DE L'ACTION, MAIS EN DOUCEUR

    «S'informer de ce qu'elle aime: où elle aime être touchée et comment. La faire sentir comme une créature sublime, qu'on admire et qu'on caresse en douceur, mais constamment. Avoir les mains chaudes, pas moites. La regarder dans les yeux la moitié du temps, et regarder le reste son corps. La complimenter. La faire languir et la soulager, avec baisers, morsures, tapes et caresses. Lui donner un pourboire si c'est une travailleuse du sexe.»

    LA RESPECTER

    «Ne pas considérer la fille comme un morceau de viande. Ne pas foncer sur la fille comme un être désespéré.»

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    NE JAMAIS AVOIR L'ORGASME COMME BUT ULTIME

    «Je dirais de ne pas chercher à ce que la fille aie un orgasme ou plusieurs orgasmes à tout prix. La fille prend son pied à faire jouir un mec aussi et peut avoir du plaisir au max sans nécessairement atteindre l'orgasme chaque fois. Ce n'est pas mieux si le mec ne tiens pas compte du plaisir de la fille, par contre...»

    LA PORNO ET LES INSULTES NE SONT PAS TOUJOURS À PROSCRIRE

    «En général, les mecs croient que les filles n'aiment pas la porno et qu'elles trouvent ça dégradant, alors que moi j'adore. Je crois que ça peut être utilisé aussi dans une relation à deux. Par exemple, j'échange des sites web avec mon chum. Parler cochon en baisant, ça peut être super excitant. Dans la vie, je n'aime pas me faire traiter de salope, mais au lit... Il faut faire la différence entre ce qui se passe au lit et ce qui se passe ailleurs. Être féministe ne veux pas dire que c'est impossible de se faire dominer au lit. C'est important de s'en parler avant.»

    DE L'ACTION, MAIS EN DOUCEUR

    «S'informer de ce qu'elle aime: où elle aime être touchée et comment. La faire sentir comme une créature sublime, qu'on admire et qu'on caresse en douceur, mais constamment. Avoir les mains chaudes, pas moites. La regarder dans les yeux la moitié du temps, et regarder le reste son corps. La complimenter. La faire languir et la soulager, avec baisers, morsures, tapes et caresses. Lui donner un pourboire si c'est une travailleuse du sexe.»

    LA RESPECTER

    «Ne pas considérer la fille comme un morceau de viande. Ne pas foncer sur la fille comme un être désespéré.»

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    mercredi 9 juillet 2014

    Le Bitcoin est une valeur sûr à l' abri des crisses financières étatiques



     


      

    Publié par Guillaume Champeau, le Mercredi 09 Juillet 2014                    


    Un rapport pour encadrer le Bitcoin remis par TRACFIN à Michel Sapin

    Michel Sapin recevra vendredi le rapport préparé par Tracfin, pour tenter de réguler la circulation des monnaies virtuelles, en particulier du Bitcoin.


    Il ne faut sans doute y voir qu'un hasard de calendrier. Quelques jours après l'opération de la gendarmerie qui a conduit au démantèlement d'une plateforme de Bitcoins en France, qui a lui-même suivi de quelques mois les avertissements de la Banque de France, Bercy annonce que le ministre des finances Michel Sapin recevoir ce vendredi 11 juillet un rapport sur "l'encadrement des monnaies virtuelles".
    Le rapport a été préparé par un groupe de travail dédié constitué par Tracfin (Traitement du renseignement et action contre les circuits financiers clandestins), la cellule de Bercy chargée de traquer la fraude financière.
    Dans son invitation à la presse, Bercy donne cette définition des monnaies virtuelles (plutôt des cryptomonnaies) :
    Les monnaies virtuelles sont des monnaies non-officielles, émises sous forme numérique (elles n'ont pas de matérialisation physique sous forme de pièces ou de billets). Une monnaie virtuelle n’est pas un instrument de paiement au sens strict du terme, mais c’est un moyen de transaction qui peut permettre d’effectuer des paiements en ligne. Le "bitcoin" constitue une des monnaies virtuelles les plus connues. Contrairement aux devises monétaires officielles, Bitcoin n'est pas l'incarnation de l'autorité d'un État ou d'une banque centrale. Cette monnaie cryptée est entièrement émise par un programme téléchargeable sur Internet. La valeur du bitcoin est déterminée de façon entièrement flottante en fonction de l'offre et de la demande à chaque instant.
    Jean-Baptiste Carpentier, le directeur de Tracfin, avait été auditionné au début de l'année par le Sénat, au sujet des monnaies virtuelles."Nous sommes relativement inquiets", concédait-il. "Depuis 1990, l'ensemble des pouvoirs publics internationaux, sous l'égide notamment du Groupe d'action financière (GAFI), a mis en place un ensemble extrêmement complet de règles de contrôle et de normes et transparence des opérations financières, qui s'imposent aux fournisseurs de services de paiement. L'idée générale était celle d'une surveillance accrue des flux de capitaux, en contrepartie de leur libéralisation. Or l'émergence des monnaies virtuelles fait aujourd'hui apparaître un « trou noir » dans cette régulation".
    "Nous ne sommes pas dans l'illégal, mais dans l'a-légal".
    Selon M. Carpentier, qui reconnaissait qu'il s'agit d'un "monde dans lequel nous voyons extrêmement peu de choses", le Bitcoin "a probablement dépassé le stade seulement anecdotique où nous nous trouvions encore il y a quelques mois... mais sans pour autant porter des enjeux macroéconomiques".
    Au cours actuel, les Bitcoins en circulation pèsent près de 6 milliards d'euros. Ce n'est encore qu'une goutte d'eau face aux plus de 4 000 milliards de dollars de monnaie en circulation dans le monde, mais il suffirait d'une crise de confiance dans les monnaies étatiques pour que le Bitcoin devienne une valeur refuge et que l'économie se transforme radicalement. De quoi être, en effet, "relativement inquiet" lorsque l'on est l'Etat.

    lundi 7 juillet 2014

    NSA

    Fuites de la NSA : y a-t-il un second Edward Snowden ?


    D’après plusieurs experts en sécurité, le fichier de configuration du moteur de recherches interne de la NSA, qui a fuité il y a quelques jours sur le web, n’était pas présent dans les documents livrés par Edward Snowden. Il pourrait donc y avoir une seconde taupe à la NSA.


    Mais qui donc a fourni une partie du code de XKeyscore, le moteur de recherche interne de la NSA à des médias allemands ? D’après plusieurs experts en sécurité, il ne s’agirait en tout cas pas d’Edward Snowden, l’ancien collaborateur de l’agence à l'origine de l’ensemble des révélations jusqu’alors.

    C'est ce que rapporte en tout cas Cory Doctorow, écrivain, activiste et accessoirement patron du fameux blog BoingBoing. Un expert qui a eu accès aux documents de Snowden lui a confié qu’il n’avait jamais vu ce fichier dans ceux que l’ancien espion américain avait livrés. « Il a également constaté que d’autres révélations précédentes ne semblent pas venir du matériel livré par Snowden », indique Doctorow.

    Il n’est pas le seul à évoquer cette théorie de la deuxième taupe. Bruce Schneier, expert respecté en sécurité qui a eu accès aux documents en travaillant pour The Guardian, estime lui aussi que ce bout de code n’a pas été fourni par Snowden. « Je ne pense pas que cela provienne des documents Snowden, je ne pense pas non plus que le catalogue TAO provenait des documents Snowden. Je pense qu’il y a quelqu’un d’autre. »

    Glenn Greenwald, qui connaît les documents par cœur, pourrait prendre la parole dans ce débat et éclaircir la situation. Inutile de préciser que si cela se confirme, il s’agirait d’une nouvelle percutante qui pourrait bien donner de nouveaux cheveux blancs aux pontes du renseignement américain. Car il se pourrait bien que, contrairement à Snowden, ce nouveauwhistleblower ne révèle jamais son identité… Et continue à faire fuiter de temps à autres les noirs secrets de l’oncle Sam alors qu’il est toujours en poste.

    vendredi 4 juillet 2014

    L’odeur du pari passu excite les vautours par Guillaume Hébert, dans la catégorie Économie financière 18 VautourLe 16 juin dernier, l’Argentine a échoué à faire entendre à la Cour suprême des États-Unis un appel de la décision prononcée par un juge new-yorkais dans une affaire qui l’oppose à deux fonds vautours, NML Capital et Aurelius. Ma collègue Julia Posca a déjà parlé de cette affaire dans un billet publié il y a dix-huit mois. Les péripéties des dernières semaines ont suscité de nombreuses spéculations, projections et analyses dans l’univers de la finance. Cette affaire est importante puisqu’elle traite de dette souveraine à une époque où l’endettement public est une préoccupation généralisée. Et dans laquelle les vautours mangent de la dette. ***** 2001, l’Argentine est en faillite. Elle avait pourtant été une « élève modèle du Fonds monétaire international (FMI) » et appliqué à la lettre les diktats ultralibéraux des années 80-90 : « Elle a, en effet, mis en œuvre avec application et persévérance des programmes d’ajustement structurel, gouvernés par trois principes, qui font partie intégrante du « Consensus de Washington » : la flexibilité, l’ouverture de l’économie et le retrait de l’État, réduit à des fonctions régaliennes strictes. » (La documentation française). Mais la prospérité n’était pas au rendez-vous. Au contraire, la seule « grande classe moyenne » de l’Amérique latine a sombré avec l’économie du pays. L’austérité appliquée par le gouvernement argentin n’a mené nulle part et a rendu le pays dépendant des prêts du FMI jusqu’à ce que celui-ci ferme le robinet. Acculé au pied du mur et devant payer les intérêts d’une dette devenue insoutenable, le gouvernement s’est servi dans les retraites et a limité les retraits bancaires. Le peuple s’est soulevé, le chef d’État s’est enfui en hélicoptère, cinq présidents se sont succédés en dix jours et le pays a fait faillite. Le choc de 2001 a changé complètement l’horizon politique du pays. Après avoir été l’étudiante modèle, l’Argentine est redevenu une rebelle. Elle s’est repliée avec des politiques plus nationalistes, a restructuré sa dette, a envoyé paître le FMI et a raffermi ses liens avec les gouvernements latino-américains ouvertement anti-impérialistes. Élu dans la tourmente, le président Nestor Kirchner devint un symbole d’intransigeance face aux institutions internationales et depuis « les Kirchner » sont indélogeables à la Casa Rosa, le palais présidentiel. Nestor est mort en 2010, mais son épouse Cristina Kirchner de Fernandez lui a succédé alors qu’un courant politique dit « kichnériste » est désormais une force politique considérable en Argentine. Ce régime politique « réactif » est largement un résultat des politiques d’austérité imposées par la communauté internationale. ***** L’une des mesures prises par le gouvernement argentin suite au défaut de paiement de 2001 a consisté à s’entendre avec ses créanciers internationaux afin de restructurer la dette du pays. Il est parvenu à le faire avec 93% des créances. Les détenteurs du 7% de créances restantes ont refusé toute entente de ce genre. C’est ici qu’atterrissent les vautours. Il s’agit de fonds spéculatifs prêts à toute sorte de manœuvres parfois assez tordues pour réaliser des coups d’argent. Dans ce cas-ci, NML Capital, une entreprise appartenant à Elliott Capital qui elle-même appartient à un milliardaire étasunien, a racheté des titres de dettes de l’Argentine après la faillite de 2001 dans le but de ne faire aucune concession sur les montants devant être remboursés. Bref, on n’a pas affaire à des créanciers lésés, mais bien à des spéculateurs ayant échafaudé une stratégie pour coincer l’Argentine dans un tribunal aux États-Unis. Elliott a racheté 222 M$ en dettes pour la somme de 48 M$. Le juge Thomas Griesa de la cour de New York a ordonné le paiement des 222 M$ plus les intérêts, soit…. 1,3 G$. Mis à part le temps qu’on y a consumé, ce pari risqué a plutôt fonctionné pour les vautours puisqu’ils ont obtenu une série de gains devant les tribunaux étasuniens. Pour ce faire, ils ont invoqué le principe du « pari passu », expression latine qui fait référence au « traitement égal ». En vertu de ce principe, les investisseurs doivent tous être remboursés de la même façon suite à une faillite. On ne pourrait choisir par exemple de rembourser le créancier X, puis Z, puis Y, s’il reste de l’argent. Il faudrait rembourser X, Y, Z simultanément et de façon proportionnelle à leur créance (si l’odeur de pari passu vous excite vous aussi, voici le récit de la saga Argentina vs Elliot en 65 textes sur le site du Financial Times). Par conséquent, si l’Argentine verse 1,3 G$ aux fonds vautours, elle pourrait se retrouver à verser des dizaines de milliards de dollars aux autres créanciers avec lesquels elle s’était entendue au fil des ans. En d’autres termes, l’Argentine pourrait à nouveau se retrouver en faillite. L’Argentine s’est adressée à la Cour suprême des États-Unis pour tenter de casser le jugement de la cour new-yorkaise. Après un an d’attente, la Cour suprême a décidé de ne pas entendre la cause, une décision que certains interprètent comme la preuve qu’elle y a vu une patate chaude devant l’ampleur des enjeux. La Cour a néanmoins déterminé que si les créanciers ne pouvaient s’en prendre aux propriétés non-commerciales de la République argentine aux États-Unis, qu’ils pouvaient le faire à l’étranger. C’est donc potentiellement un feu vert donné aux hedges funds comme NML Capital de se rembourser en saisissant l’avion présidentiel, un vaisseau argentin amarré au Ghana ou encore un kiosque avec des livres de Borges et de Cortázar au salon du livre de Frankfurt. On a dit fonds vautours, et ce n’est pas pour rien… ***** Le pari passu est un terme juridique qui cache une longue et riche histoire, souvent liée à celle de l’Amérique latine d’ailleurs. Ce n’est pas la première fois que NML Capital cherche à faire plier un État souverain. Il y était même parvenu à la fin des années 90 avec le Pérou. Il avait racheté 11 M$ de la dette de ce pays avant de réussir à se faire rembourser 58 M$ par l’État péruvien. Plus incroyable encore est l’histoire de la famille Martínez del Río qui a racheté au Mexique en 1856 de la dette de l’État de Grande Colombie (qui comprenait le Venezuela, la Colombie, l’Équateur et le Panama actuel). Ce pays avait non seulement été en défaut de paiement sur sa dette, mais il avait été dissous en 1830! Quant à la famille Martínez del Río, après s’être rangée dans le camp de Napoléon III, elle a elle-même été acculée à la banqueroute durant la guerre franco-mexicaine des années 1860. Ils auraient dû consulter un conseiller financier avant de faire ces placements étranges? Pas forcément, puisque la famille Martínez del Río s’est montrée patiente et elle a fait agir la magie du pari passu dans la foulée d’un traité signé plus tard par les États-Unis en …1902. Dans le cadre de ce traité, c’est finalement le Venezuela qui remboursa la dette contractée près d’un siècle plus tôt par un pays qui n’existait plus auprès d’un autre qui avait vendu ce titre de dette depuis belle lurette. ***** L’Argentine peut compter sur de nombreux appuis politiques dans cette bataille contre des fonds vautours. Plusieurs pays latino-américains ont dénoncé tambour battant que des tribunaux aux États-Unis puissent rendre ainsi des jugements favorables à des fonds spéculatifs aux dépens d’États souverains. Toutefois, l’appui dépasse largement la « gauche » de la communauté internationale avec des institutions internationales telles que le FMI et la Banque mondiale. L’Organisation des États américains (OEA) a également voté un appui à l’Argentine sans toutefois celui des États-Unis et du Canada. Les implications d’une victoire de NML Capital pourraient s’avérer profondes et remettre en question certains fondements de la souveraineté politique des États, comme le mentionne cet extrait d’un article sur Bloomberg : Were these important decisions correct legally, financially and internationally? The court’s refusal to hear Argentina’s appeal in the underlying bond case is legally surprising, financially worrisome, and internationally questionable. Consider that the general view among international lawyers and financial professionals is that countries have an inherent sovereign right to default on their debts whenever they feel like it – provided they are willing to pay the market price of increased cost of capital future. This right to stiff your creditors goes back at least to the Middle Ages. It’s grounded not in morality, but in the raw power of the sovereign and the wish of the international community — made up of other sovereigns – to recognize that power reciprocally. En d’autres mots, il s’agirait d’une (nouvelle) remise en question du pouvoir de l’État vis-à-vis des compagnies et des investisseurs. Et cette possibilité inquiète un certain nombre d’analystes de la finance puisque si ce capitalisme financier se soucie bien peu du chaos social que peut générer un plan d’austérité dans une population, ces milieux ne font pas nécessairement preuve de la même désinvolture lorsque c’est leur univers immédiat qu’on risque de déstabiliser . Le chroniqueur Martin Wolf du Financial Post s’est prononcé dans un texte éloquent qui évoque les origines du principe de faillite. Il rappelle l’aisance avec laquelle les entreprises étasuniennes s’en prévalent et critique l’inflexibilité du pari passu. Wolf écrit même que le cas argentin n’est rien de moins que de « l’extorsion supportée par la justice étasunienne ». Les mots sont lourds. ***** Après avoir tenté d’esquiver le jugement Griesa en faisant à son tour quelques manœuvres judiciaires, l’Argentine a jusqu’à la fin du mois de juillet pour trouver une nouvelle entente avec les fonds vautours faute de quoi elle pourrait se retrouver en défaut de paiement technique. L’impact de cette affaire pourrait être important tant dans l’économie financière que dans l’économie réelle. Avec la dette publique que les États occidentaux se sont infligés pour sauver leurs banquiers, on pourrait sentir l’odeur du pari passu avant longtemps dans l’hémisphère nord. Quant à l’austérité, non seulement elle ne peut pas continuellement se faire sans affecter les services à la population, l’histoire récente de l’Argentine nous indique aussi qu’elle ne peut pas continuellement se faire sans provoquer de sérieuses crises politiques.